- Une aventure à quatre mains...

Une aventure à quatre mains...

« À quatre mains », si on peut dire… : Bernadette, gravement malade, se savait au soir de sa vie quand nous avons commencé cet ouvrage ensemble. Elle n’aurait pas pu tenir la plume.

Alors elle racontait, puis je revenais lui lire mes notes pour qu’elle puisse en vérifier la validité.
Et elle, concentrée qu’elle était - les yeux fermés souvent -, m’écoutait, m’arrêtait, me reprenait, précisait, rectifiait, s’insurgeait même, parfois, de ma relecture de sa vie, avant de m’en livrer de nouveaux épisodes.


En commençant ce travail ensemble, je lui ai d’abord proposé d’en situer le centre, son propre centre de gravité. Et là, pour elle, aucune hésitation : « Mon centre, c’est le refus de l’injustice, le refus de l’exclusion. Un combat pour la reconnaissance. »
Mais l’axe à peine posé, elle s’est reprise, insatisfaite comme toujours de sa propre expression : « Il ne faut pas le dire avec ces mots-là. » Elle aurait voulu « les transformer en positif ».
« Ce ne sont pas les conditions de vie difficiles, ni la pauvreté qui m’ont atteinte, entraînée plus que je ne voulais. La misère, oui. Dans le sens d’être considéré comme rien, complètement déprécié par les autres. Enfant, je me suis trouvée dans cette situation-là. C’est ce à quoi je suis le plus sensible. Quand j’ai rencontré le mouvement, c’est cette misère qui m’a atteinte. Jusqu’au bout.
On ne peut pas dire que c’est une recherche, c’est un chemin. Pas un chemin tout tracé, un chemin vécu, un chemin avec des gros cailloux, des embûches… C’est un tâtonnement, toute une vie. »
l'auteur avec Bernadette Cornuau


Publié aux éditions Quart Monde, 160 pages, 8 €

Merci à Anne-Claire Brand, pour ses premières interviews de Bernadette Cornuau, son soutien fraternel et son discernement. Chaque recoin de ces pages aura été mûri avec elle. Cadeau de Bernadette qui nous avait demandé de terminer son livre ensemble.