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Bribes du quotidien, présent daté, passé composé, traversés par cette question du basculement de l’humain dans le déni de sa dignité, des chemins vers sa possible libération.

11 Septembre

Dix ans après le 11 septembre 2001, j’ai encore en moi le regard brûlant de Geneviève de Gaulle Anthonioz. Épuisée par la maladie, tétanisée dans son fauteuil, elle écoutait la radio commentant l’événement en direct. Et juste à côté d’elle, le livre dans lequel elle avait mis ses dernières forces, et que l’éditeur lui avait fait porter la veille : “ Le Secret de l’Espérance ”. Avec le temps, le contraste entre ces quelques dizaines de pages silencieuses sous leur couverture verte, et l’onde de choc (...)
 

"Non, tu n’as rien vu à Hiroshima"

« Non tu n’as rien vu à Hiroshima » faisait dire Marguerite Duras à sa « petite tondue de Nevers » dans le film d’Alain Resnais, « Hiroshima mon amour ». Comment ne pas penser à ce qui se passe en ce moment même à Fukushima, où l’invisible répand la mort à retardement, où des milliers de liquidateurs, comme en 1986 ceux de Tchernobyl, se sacrifieront pour tenter de sauver ce qui peut l’être ?… Nevers. C’est là qu’une partie du film a été tournée. Elle appelle son amant « Hiroshima », et lui l’appelle « (...)
 

Ayiti kanpe - Haïti debout

Une sorte de puzzle carte postale d’Haïti 5 mois après le séisme.

 

Henri Bossan, l’homme droit.

hommage à Henri Bossan, militant acharné des droits de ceux que l’on piétine

 

Etre en "Haïti, parmi les vivants"

Quelques jours avant le décollage pour Haïti, comment préparer les valises dans sa tête...

 

« Même si vous ne l’acceptez pas,c’est là qu’on habite. »

Sur toutes les décharges du monde, des femmes, des hommes, des enfants vivent une vie que nous ne voulons pas voir.

 

Déclic.

Le photographe Efpaix traîne ses appareils partout. Sur le vif. Toujours partant pour une mission que lui confie, souvent dans l’urgence impérieuse, le Mouvement A.t.d. Quart Monde dont il est, lui aussi, volontaire. Ici, il nous emmène dans son malaise : devant tant de misère, à quoi bon des photos ? Jusqu’à ce mystérieux instant de lumière où le témoin retrouve son droit et son devoir de témoigner. D’abord c’est l’hôtesse qui l’a dit : « Nous sommes sur le point d’atterrir, la température au sol est (...)
 

Désert...

J’ai vu il y a vingt jours, menant ses brebis, un jeune berger tenir serré dans ses poings le drapeau de David comme bouclier de toile fouetté par la peur autant que par le vent, contre les yeux de tireurs en treillis, dont le doigt sur la gâchette contient dans son entier la définition d’un cauchemar non éteint, atteint, hargneux, haineux, les nœuds jamais défaits. Soir de mai dans Paris, Centre Cerise, Philippe Rahmy et Jean-Marie Barnaud, lors d’une performance Remue.net : « Ça fait toujours (...)
 

Quand Césaire, Bernanos et Wresinski se rencontrent...

Il y a ceux qui savent « de quoi » ils parlent, ou se prétendent tels. Et il y a ceux qui savent « de qui » ils parlent. Cet Aimé-là savait. "Je parle de millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme." (Césaire. Discours sur le Colonialisme. 1955) En écho, 32 ans plus tard – mais les années signifient quoi au regard de l’éternité ? – la voix d’un autre homme qui savait lui aussi de quel peuple il (...)
 

Champ de mines ou chant d’espoir,
laisse pas ces cris.

Pompier de Tchernobyl, appelé par je ne sais qui pour éteindre un incendie aussi ardent qu’indéfinissable de par la substance même qui se consume, ou plutôt qui refuse de se consumer, comme le buisson ardent de Moïse qui brûle et ne se consume pas ; malade d’Alzheimer qui s’interroge devant son propre amour, se demandant comment se nomme cette femme vieillissante qui a sûrement été belle dans sa jeunesse, et se souvient soudain qu’il l’aime comme il respire ; matin humide d’un Joseph K. à qui on (...)
 

St Luc, Balmary
et le vendeur de Macadam

Ce jour d’octobre 2000, je venais de quitter Geneviève De Gaulle, après une séance sur son livre « Le Secret de l’Espérance ». J’essayais laborieusement de me concentrer sur « La Divine Origine », un livre incroyablement dense de Marie Balmary, son explication du fameux passage dans le neuvième chapitre de Luc, verset 23 : « Si quelqu’un veut venir derrière moi, qu’il se nie lui-même, porte sa croix chaque jour et me suive ! » Marie Balmary défend la traduction littérale qui donne un sens presque (...)
 

Puits de lumière

Le 27 décembre 93, Maître Pacéré, fondateur et animateur du musée de la Bendrologie à Manéga au Burkina Faso, accueillant un groupe de visiteurs du Mouvement A.t.d. Quart Monde, leur raconta ainsi la conquête de l’eau dans sa région à une cinquantaine de kilomètres de Ouagadougou. Loin de l’Afrique, comme en écho, une autre histoire de puits. En hommage à Régina et à cet enfant qui, comme elle, a perdu la vie en cherchant à rendre celle des autres meilleure. « Le premier village qui a commencé à creuser (...)
 

Tâtonnements dans le noir.

Ces mots de Barthes dans “Le Plaisir du texte” : « Caractère asocial de la jouissance. Elle est la perte absolue de la socialité et pourtant il ne s’ensuit aucune retombée vers le sujet (la subjectivité), la personne, la solitude : tout se perd intégralement. Fond extrême de la clandestinité, noir de cinéma. » Étrangement, on pourrait ici remplacer le mot jouissance par misère. Au moins dans l’effet qu’elle produit : Elle aussi est la perte absolue de la socialité [...] tout se perd intégralement. Fond (...)
 

Le Net, la gargouille et la crypte...

« Le Net est un lieu et un outil de création, avec tous ses chambardements, ses ambiguïtés, ses risques, on y met évidemment une grande part obscure de nous-mêmes, sinon on n’y passerait pas notre vie comme ça, c’est dans cette part obscure qu’il faut aller. » [/François Bon, remue.net, cité par Sébastien Rongier dans "La lettre de Remue.net"./] Cette “part obscure de nous-mêmes”, comme un trou noir du langage, c’est la face vierge à escalader, à mains nues - fussent-elle fiévreuses sur un clavier - en (...)
 

Combien de temps encore ?

Claude Simon, L’Ami Karim... et Jean l’évangéliste... Parfois, les mots, on n’y croit plus. On ne croit plus que leur poids puisse faire pencher une quelconque balance du côté des assoiffés de toutes sortes. D’autant plus que nombreux sont les vendeurs d’images en tout genre qui vous disent de l’écriture est d’une autre époque, comme si le langage n’était plus la dimension sacrée de l’homme, celle qui était avant lui, au commencement. [1] Claude Simon, écrivain français quasi-inconnu bien qu’il fût le (...)
 

L’an huit, an neuf ? Réveillons...

Passés dans les premières minutes de l’an nouveau sous ce tunnel. Au bout, la nuit. Pourtant c’est là au bout, dans ce petit hémisphère noir, que le jour s’est relevé. « Je n’ai pas encore compris pourquoi on fête un évènement aussi administratif que le passage à un nouveau numéro... Ici, j’ai gagné 500 ans de plus environ, puisque nous sommes passés aujourd’hui en 2551 (années depuis l’illumination de Bouddha), donc cela relativise encore beaucoup plus l’évènement. » écrit ce jour mon amie Patricia depuis (...)
 

Plat du jour

Blog-notes, vendredi 21 décembre 2007. C’est parti. Commencer alors que l’année se termine, Un blog-notes ici, le pendant des carnets gribouillés illisibles, avec tout et rien, le plat du jour, pas trop plat si possible. “n” : “m” auquel il manque une jambe jeu de lettres dérisoire je de l’être désir noir Haine aime Pile/face inséparables Le hasard n’est pas coupable La pièce roule sur la tranche des étoiles de liberté « Il nous faut abaisser les frontières » lançait Wresinski (...)